Une mauvaise réponse ressemble à une bonne
81 % des réponses IA sont fausses
¡ Hola !
Chaque jeudi, je traverse le désert du Search pour te ramener les dernières infos fraîches. Mets-toi à l’aise pendant que Champollion 🐪 décharge ses sacoches.
La semaine dernière j’ai décortiqué en live l’impact de l’IA et des AI Overviews sur le SEO. Si tu ne l’as pas encore vue, voici la vidéo 👇
Aujourd’hui, on regarde ce qui se passe du côté opérationnel quand l’IA fait tout à notre place.
Dans la dépêche du jour :
Le grand remplissage : la moitié du web est écrite par une machine, et ça ne ranke pas.
L’aplomb du premier de la classe : pourquoi une mauvaise réponse ressemble trait pour trait à une bonne.
La facture différée : ce que ça coûte à ta réputation quand la machine se trompe en ton nom.
Avant de commencer, si ça n’est pas déjà fait, tu peux aussi :
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TLDR : ton client ne te remplace pas par l’IA parce qu’elle travaille mieux que toi mais parce qu’il n’a pas conscience qu’elle travaille moins bien que toi.
J’ai une copine qui a demandé à son beau-frère de l’aider à refaire sa salle de bain il y a quelques mois.
Ah c’était beau. Comme son inspo Pinterest. La petite niche dans la douche pour les produits, la grosse plante pour amener du vert, la crédence hyper sympa, les joints bien siliconés. Tout y est.
Elle prend des photos, elle est contente du résultat. Et ça ne lui a coûté que le prix des matériaux.
La bonne affaire.
Sauf que la semaine dernière, le plafond du voisin du dessous a commencé à faire des cloques.
Parce que le beau-frère, il est comptable, pas carreleur. Alors la salle de bains Pinterest, elle est très belle. Mais elle n’est pas étanche. Parce qu’il a oublié quelques étapes dans le process. Mais ça ne se voit pas tout de suite. Il faut 6 mois de douches pour commencer à se rendre compte du problème.
Au Mexique, où je vis, on a une expression qui dit “lo barato sale caro”. Littéralement, le pas cher revient très cher. Parce qu’on fini toujours par payer à un moment donné le prix de nos petites économies.
Et c’est très exactement ce qui se passe en ce moment entre toi, ton client et son abonnement ChatGPT à 20 € par mois.
La moitié du web est écrite par une machine, et Google n’en veut pas
Parlons un peu de Michel-Kebab. Il a un site, il a découvert ChatGPT, et depuis il poste des articles plus vite que son nombre parce que c’est ce que l’IA générative permet de faire très facilement : produire. Des dizaines d’articles, sur tous les sujets qui lui passaient par la tête, en quelques semaines.
Le petit problème, c’est qu’il a beau avoir des dizaines d’articles, il n’a pas vraiment plus de visiteurs. Parce que ces articles, 100 % rédigés à l’IA, ils ne rankent pas ou alors très peu de temps.
Graphite a analysé 43 000 URLs issues de Common Crawl : depuis novembre 2024, il se publie sur le web plus d’articles générés par IA que d’articles écrits par des humains, environ la moitié des nouvelles publications.
Et sur 31 493 mots-clés, 14 % seulement des articles qui rankent sur Google sont générés par IA, et 7 % des positions numéro un.
Même chose côté LLM, puisque ChatGPT et Perplexity citent eux aussi 82 % de contenu humain.
Le web se remplit avec l’IA. Les résultats de recherche, non.
Un texte généré ressemble à la moyenne de ce qui existe déjà, c’est sa définition même. Ni donnée neuve, ni expérience vécue, ni angle nouveau. Sans intérêt. Donc sans aucune raison de ranker.
Écrire un très bon contenu avec l’IA, c’est tout à fait possible mais il faut arrêter de croire que c’est magique. Ça demande un très gros travail de réflexion et d’organisation au préalable pour pouvoir ensuite scaler sa production de contenu.
Notre Michel-Kebab a confondu produire du contenu et créer de la valeur.
L’IA fait très bien le premier. Beaucoup moins le second.
L’aplomb du premier de la classe
Une IA ne dit jamais qu’elle ne sait pas. Elle répond avec l’assurance de celui qui lève le doigt avant la fin de la question.
L’Union européenne de radio-télévision a audité près de 3 000 réponses d’assistants IA sur l’actualité : 81 % contiennent au moins un problème, et 45 % un problème sérieux, dont des sources attribuées à côté de la plaque.
Le problème, c’est que pour réussir à détecter ses erreurs, il faut comprendre son sujet et savoir ce qu’est un bon résultat. En ce moment beaucoup d’entreprises baissent le budget des prestations SEO et veulent déléguer ça à l’IA.
Sauf que pour la plupart ils n’ont aucune idée que le joli plan de contenu structuré et les recommandations de ChatGPT n’ont aucun sens pour leur situation.
C’est là toute la valeur d’un consultant, c’est parce que toi tu es capable de rajouter du jus de cerveau à ce que propose l’IA.
Cette compétence-là peut facilement être invisible depuis l’extérieur.
C’est l’illusion de nivellement. Tout le monde a l’impression de pouvoir gérer sa stratégie SEO en deux prompts, parce que le résultat a l’air formidable tant qu’on ne va pas vérifier dessous.
Et va prouver à quelqu’un que ce qu’il regarde est bancal, quand la seule preuve arrive dans six mois.
Quand la machine se trompe, c’est ton nom sur le devis
Il y a une deuxième facture, plus sournoise.
D’après une étude BBC-Ipsos de 2025, 42 % des adultes feraient moins confiance à la source d’information d’origine si un résumé IA contient des erreurs.
Pas moins confiance à l’IA : moins confiance à la source.
Comme quand on était petit et qu’on ramassait pour une bêtise de nos frères et sœurs alors qu’on n’avait rien fait du tout.
Applique ça à ton client qui pilote seul. L’IA lui sort une recommandation approximative, il l’exécute, ça ne marche pas. Dans sa tête, ce n’est pas l’outil qui a échoué. C’est le SEO qui ne fonctionne plus. Et le prochain prestataire qu’il croisera héritera d’un site éclaté et d’un interlocuteur qui n’y croit plus.
Ton métier n’a jamais été de produire des livrables plus vite. Il est devenu celui de trancher : savoir reconnaître un bon résultat d’un mauvais, comprendre le produit et le marché en face, arbitrer.
Dans le webinaire de la semaine dernière, j’ai aussi donné quelques astuces sur la manière de réorienter sa stratégie face à tous ces changements.
Passe une tête dans ma vie de freelance 🐭
Ce matin je suis partie plonger en apnée et je me suis retrouvée nez à nez avec un requin de 3 mètres. J’ai pas prévu d’en faire un post LinkedIn avec des leçons business à en tirer.
Par contre si tu veux passer des vacances un petit peu moins mouvementées que les miennes, tu peux les accompagner du cahier de vacances du SEO, qui est toujours gratuit !


